Iliaféen 17

Iliaféen 17
Allongé au bord de l'énorme fleuve bordant Ilniãriã, Noaïevã discutait avec Milneõ. Celui-ci lui avait proposé de passer l'après-midi en sa compagnie tandis qu'Alienãvã rendait visite à Alegrianõ. Le jeune homme avait enfin repris connaissance et sa s½ur s'était précipitée à son chevet. Les deux garçons avaient décidé d'aller se prélasser au bord de l'eau après leur éreintante journée de la veille.
-Et elle t'avait dressé une table ?, interrogea Milneõ, passionné par le récit de son ami.
-Et m'a dit m'avoir trouvé magnifique à la cérémonie. Ce n'est que quand elle a surpris mon regard qu'elle a dévié la conversation.
-Par ?
-Mes progrès en Viltaniolien !
Milneõ éclata de rire et lui fit signe de poursuivre.
-Je n'ai pas démenti et lui ai entamé la conversation en Viltaniolien.
-Woaw, il s'y connaît l'bougre !, l'acclama-t-il en sifflant d'admiration.
Noa sourit et lui rapporta ses propos de la nuit passée.
-Et qu'a-t-elle répondu ?
-Tu ne me croirais pas !, rit Noaïevã. Elle m'a demandé si je parlais de la lune !
Milneõ éclata de rire à son tour mais retrouva son sérieux devant la mine soudainement rêveuse de son interlocuteur.
-Je lui ai dit que c'était de mon étoile dont je parlais. Elle a rougi et m'a demandé en balbutiant qui était mon étoile, souffla-t-il doucement, comme s'il craignait, en dévoilant ces souvenirs, d'en perdre la magie.
-Et la cerise sur le gâteau ?, ne put s'empêcher d'ironiser le jeune homme.
-« Yos », rapporta Noaïevã, et je me suis fait disparaître.
-C'est bien ce que je disais, t'es un maître !, se moqua Milneõ en lui décochant un coup de poing amical dans l'épaule.
Noa éclata de rire.
-C'est ce que me répète sans cesse mon meilleur ami, expliqua-t-il, sauf que cette fois, je ne le calcule pas.
-Dans quel but alors ?
-Je ne sais pas très bien, c'est ça le plus étrange : j'ai l'impression qu'en débarquant ici, je perds peu à peu tout de moi pour me reconstruire un autre visage, murmura-t-il d'un air songeur.
-Tu sais que je ne sais pratiquement rien de toi ?, demanda Milneõ, désireux d'esquiver ce sujet délicat. C'est qui ce gars dont tu me parlais il y a deux secondes ?
-Matthieu, mon meilleur ami. On se connaît depuis qu'on est hauts comme trois pommes. On a sympathisé au coin à la maternelle.
Milneõ éclata de rire.
-Il m'a beaucoup soutenu au décès de Maman et on ne s'est jamais quitté. Depuis la secondaire, ce qui correspond à l'Ischian dès treize ans chez vous, on s'est lié avec Guillaume et Edouard. Et depuis quatre ans maintenant, on en fait voir de toutes les couleurs à nos profs. Matthieu passe plus de temps chez lui que chez sa mère. Comme mon père n'est pratiquement jamais là, on a quartier libre. Et ça m'remonte le moral d'avoir quelqu'un à qui parler entre mes frangins casse-pieds et ma s½ur pas forcément à l'aise dans cette maison où fait terriblement défaut une présence féminine. Il adore les enfants et en benjamin d'une famille de sept garçons, il est pas vraiment gâté ! Alors, il se plait bien chez moi. Et toi, comment t'es tombé dans cette bande ?
-Et bien Xarestõ et moi, c'est plus ou moins le même tableau que ton pote et toi. J'lui ai collé une baffe à c'que t'appelles la maternelle. Il avait offert des fleurs à mon amoureuse, grogna-t-il.
-Et c'est moi le spécialiste des histoires d'amour ?, se moqua Noaïevã.
-Sauf que cette fille, c'était Sélifià et qu'ils s'aiment depuis qu'ils sont mômes ! Quoiqu'il en soit, on avait quatre ans, il leur faudra encore une petite dizaine d'années pour s'avouer leur amour et moi, à l'époque, j'ai gardé Sély, Xarestõ a gagné un ½il au beurre noir et moi un pote. On est restés très proches tous les trois et au décès des parents de Sélifiã, elle a été placée en famille d'accueil chez Silyana. Silyana était une copine de cours d'Aly et elles se sont d'emblée plu les filles. Bien qu'elle adorait sa famille adoptive, Sély passait plus de temps chez Aly avec Silyana que chez elle. C'est aux dix ans de Sélifiã qu'on les a enfin rencontrées. Alienãvã était bien sûr de la partie et Dilsiané avait invité un copain, Vilnyaé. On s'est tous retrouvés à l'Ischian. Cléniliã s'est rajoutée à la bande en sympathisant avec Aly au cours des arts Ischianote. Elle s'est super vite intégrée en nous charmant tous avec son fichu sourire radieux ! J'ai rencontré Nilyundinã à une fête chez Aly et Vilnyaé a flashé sur Dellianã lors de la cérémonie du Silträ Délénavã. Il l'a rapidement abordée et elle a rejoint le groupe avant de sortir quelques mois plus tard avec Vil'. Et Evianã nous suit partout depuis trois ans.
-J'suis indiscret si..., bredouilla Noa.
-Non, le coupa Milneõ. Quand Maman est morte, Papa a vraiment commencé à dépérir. J'avais même annulé le souper chez Aly ce soir-là en le voyant si mal. Mais j'ai pas eu le temps de rentrer de cours. Discret et fier jusqu'au bout le paternel. J'étais complètement démoli et Evy qui n'en finissait plus de pleurer. J'savais pas quoi faire alors j'l'ai couverte et ai couru jusque chez Alienãvã. Personne ne l'avait jamais vue et m'voir débouler en larmes avec cette petite poupée dans les bras, ça leur a foutu un coup, j'crois. Mais elle m'a redonné le sourire, ma puce. J'étais un ado plutôt mal dans ma peau depuis le décès de Maman, genre turbulent et impoli mais en prenant toutes mes responsabilités pour cette petite s½ur que je me refusais à abandonner, j'ai changé du tout au tout. Au début, j'allais carrément en cours avec elle, j'te raconte pas la tête de mes profs mais même eux ont fini par avouer tous les bienfaits de sa présence : j'étais devenu appliqué, calme et travailleur. Et par-dessus tout, j'aurais jamais tenu le coup sans Xarestõ ! Lui aussi adore Evy et à l'attendre, les gens doivent se poser de sérieuses questions. Elle dit toujours qu'elle vit avec Milneõ et son copain, Xarestõ. Ca prête plutôt à confusions et a même fait pleurer ma respons' qui passe de temps à autres vérifier que tout va bien. J'crois qu'tu sais tout, conclut-il en observant le soleil qui déclinait.
Ils admirèrent en silence le ciel flamboyant dans ces derniers instants de clarté.
-Y'a quoi au programme ce soir ?, demanda Milneõ, sans retenir un sourire.
-Euh..., bafouilla Noaïevã.
Passionné par la vie de son ami, il en avait complètement oublié sa soirée prévue avec Aly.
-Souper en tête à tête avec Madame, vu ta tête !, se moqua Milneõ.
-Gnagnagna, ronchonna-t-il en grimaçant à Milneõ.
Mais comme pour donner raison au Viltaniolien, un message mental d'Alienãvã lui parvint :
« Alors les gars ? On bronze en pleine nuit ? J'aurais bien invité Mil' mais Clény m'a devancée ! Je suis passée chercher Evy, on la gardera cette nuit. A tout de suite, Noaïevã ! »
-Alors ?, interrogea Milneõ, amusé par l'air hébété de son ami.
-Clény dort chez ta s½ur et t'es invité chez... euh..., bafouilla-t-il au grand amusement de Milneõ.
-Laisse-moi t'aider : Evy dort chez Aly...
-Et tu es invité à souper aux chandelles chez la charmante Cléniliã !, acheva Noaïevã, tout aussi amusé par la mine subitement dépitée de Milneõ.
-Chez... chez... ?
-Cléniliã, c'est ça !, se moqua-t-il. Faudrait d'ailleurs activer, elle t'attend à ce que j'ai compris.
Il lui adressa un clin d'½il moqueur et lui tendit la main pour l'aider à se redresser.
-La tienne, aussi, j'te rappelle !, rétorqua-t-il avant de partir en courant d'un côté tandis que Noaïevã partait de l'autre.
Au même instant, ils se retournèrent l'un vers l'autre :
-Au fait, mec, faudrait superviser la tenue !, s'exclamèrent-ils en ch½ur.
Pris d'un fou rire, ils relookèrent d'un claquement de doigts celui avec qui ils venaient de passer une si agréable après-midi. Tous deux simplement vêtus d'un trois quart en lin à la mode viltaniolienne se retrouvèrent d'un coup sublimes dans leurs tunique blanche et pantalon serré à la mi-mollet assorti à leurs ailes : bleu chez Noaïevã et noir chez Milneõ. Ils se sourirent avant de reprendre leur course.

hé si, je suis de retour ! Bon, cet article est un peu long mais il fallait bien combler cette aussi longue absence ! Je tiens à remercier tout ce qui m'ont motivée à écrire cette fichue suite ! Bonne lecture et promis, la suite très prochainement ;)

# Posté le mercredi 24 janvier 2007 12:29

Modifié le mercredi 24 janvier 2007 12:52

Iliaféen 18

Iliaféen 18
Noaïevã pénétra par la baie vitrée du salon. Alienãvã l'y attendait en trépignant.
-Ah, te voilà enfin ! Evy dort mais je viens de recevoir un message : l'état d'Alegrianõ a rechuté, il faut absolument que j'y aille ! Je te rejoins dès que je peux.
Et sans lui laisser le temps de réagir, elle disparut par la baie vitrée que Noaïevã n'avait pas eu le temps de refermer. Abasourdi par le brusque départ de son hôte, il se jeta dans un canapé. Il contemplait le ciel étoilé quand Milneõ lui apparut mentalement, aux côtés d'une magnifique table dressée pour deux et éclairée de bougies.
« - Comment va Madame ?, s'enquit-il.
-Elle dort comme un ange ta pucinette !
-J'te parle d'Aly, poireau !
-Et moi, de la seule femme présente dans cette maison !
-Elle t'a lâchée ?
-Ouais...
-Un mec ?
-Ouais...
-Dil ?
-Son frère, idiot !
-Ah !, éclata de rire Milneõ, d'abord très incrédule mais maintenant franchement amusé par la mine grognon de Noaïevã à l'évocation de Dilsiané.
-Par contre, ça a l'air au poil chez toi !, se moqua-t-il à son tour.
-Elle entreprend aussi bien que ta chérie, faut que j'assure autant que toi !, rétorqua Milneõ.
-T'aurais pu le dire que t'en étais dingue à ce point !
-Ca se remarque pas peut-être ?
-Ben non ! Juste à ta tête quand je t'ai dit qu'elle t'invitait ce soir !
-Bah mon gars, on est pas obligé d'être tous aussi peu discrets que tu ne l'es !
-Ah, ah, très dôle ! Garde tes petits neurones pour la conquérir Das résydã plutôt qu'te foutre de moi !
-Merci du conseil, l'ami ! Embrasse Evy pour moi !
-C'est vrai que tes propres lèvres seront bien trop occupées ailleurs !, railla-t-il. »
L'image du jeune Viltaniolien s'estompa doucement et Noaïevã s'abîma à nouveau dans la contemplation de cette magnifique nuit étoilée. Perdu dans ses pensées, il s'endormit bien vite.
Alienãvã rentra en trombe dans le salon et claqua la porte d'entrée en s'affaissant bruyamment contre elle. Le bruit réveilla brusquement Noaïevã qui en tomba de son fauteuil. Il se précipita vers la jeune fille effondrée et en larmes.
-Aly, qu'y a-t-il ?
Elle plongea dans ses bras.
-On pardon, Noaïevã, je te réveille.
-Mais cela n'a aucune importance, Alienãvã. Pourquoi pleures-tu ?
Il s'inquiéta devant son absence de réponse :
-C'est Alegrianõ ?
-Non, non, il n'a rien. Et moi non plus, anticipa-t-elle. Ce n'est que le contrecoup. J'ai eu si peur !
Rassuré, il la serra contre lui. Comme elle pleurait toujours, il la berça doucement en lui caressant tendrement les cheveux le temps qu'elle s'apaise.
-Un bon bain chaud, ça te dit ?, lui proposa-t-il alors.
Elle acquiesça en souriant. Il fit apparaître un fauteuil, l'y installa et se dirigea vers la salle de bain où il fit couler un grand bain brûlant. Milneõ lui apparut à ce moment :
« - Alors ?
-J'lui fais couler un bain.
-Profiteur ! »
Et il disparut. Noaïevã passa sa main sur le miroir couvert de buée. Il y observa son reflet et écrivit distraitement le nom d'Alienãvã. Elle rentra justement dans la salle de bain, il sursauta et effaça brusquement son dessin.
-On se contemple ?, demanda-t-elle, coquine.
Il se retourna vers elle et les mots franchirent ses lèvres sans qu'il ait le temps de les retenir :
-La dernière fois que je t'ai vue dans cette salle de bain, tu étais bien plus légèrement vêtue.
Elle rougit.
-Mais tu es très bien aussi ce soir, tenta-t-il de rattraper, soudain très gêné.
-Je te trouve très en beauté aussi ce soir, Noaïevã, railla-t-elle, amusée par son trouble.
-Merci, très chère, répondit-il dans un bref salut.
Ravi d'avoir trouvé un moyen de détourner l'attention et perdant en fait tout contrôle de ses actes, il esquissa quelques pas de danse alors que de la musique s'élevait dans la pièce voisine.
-Devant de tels compliments, je ne pouvais vous laisser en reste. M'accorderiez-vous cette danse ?
Et sans attendre de réponse, il s'empara de ses mains et la collant à lui, l'entraîna dans sa danse.
Un sourire illuminait son visage encore humide et noirci des traces de ses larmes. Il l'essuya du doigt et elle lui sourit de plus belle. La musique les portait de plus en plus loin, de plus en plus haut, entre effleurements osés et sourires radieux. Le regard perdu dans celui de l'autre, sa main sur sa hanche, l'autre dans la sienne et sa main sur son épaule. Leurs hanches créaient à elles deux un monde d'harmonie et de magie. La musique soudain cessa et ils se plongèrent dans leurs fauteuils en riant.
-J'y suis vraiment contrainte à ce bain maintenant que tu m'as tant échauffée !
-Echauffée ?, hoqueta-t-il, hilare.
-Incorrigible, répliqua-t-elle en éclatant de rire. Elle se leva, passa son doigt sur le bout du nez de son ami et se dirigea vers la salle de bain dont elle ferma la porte sur elle.
Milneõ fit à nouveau irruption dans son esprit :
« - Alors ce bain ?
-Je l'ai échauffée.
-Incorrigible !
-C'est ce qu'elle dit !
Ils éclatèrent de rire.
-Plus sérieusement ?
-Je l'ai faite danser et maintenant, elle se lave puisque je l'ai échauffée, selon ses dires.
-T'es vraiment un pro !
-Et toi, avec Clény ?
-Je maîtrise, je maîtrise...
-Me fais pas languir, vieux ! Détaille !
-Tu couches Das résydã et on se retrouve chez moi ?
-Ca marche, à tantôt ! »
A peine l'image de Milneõ eut-elle quittée son esprit qu'Alienãvã sortit de la salle de bain. Ses cheveux encore humides, son visage rougi par la chaleur de l'eau, elle portait une longue robe de nuit blanche sans manches qui lui descendait jusqu'aux chevilles. Il lui sourit et fit apparaître un siège aux côtés du sien. Elle y prit place sans détacher son regard de celui de l'Ischianote.
- Ca va mieux ?
- Moins échauffée, tu veux dire ?
Il éclata de rire.
-Je parlais de ton contrecoup ! Mais je ne savais que je te faisais tant d'effets, railla-t-il.
-Ne te fais pas d'idées, pouffa-t-elle.
-Je ne me fie qu'à tes mots !
-Mais les interprète mal !
-Echauffer, causer une vive animation, exciter, répliqua-t-il après avoir fait apparaître un dictionnaire sur ses genoux.
-Mais aussi, échauffer, donner de la chaleur à !, rétorqua-t-elle en lui arrachant l'ouvrage des mains. Tu m'as donné chaud en dansant !
-Tes réactions biologiques t'ont donné chaud !, corrigea-t-il. Je n'ai fait que t'inviter à danser, ton corps a fait le reste !
-Quelles réactions biologiques, monsieur le grand scientifique ?
-Celles entraînées par mon charme irrésistible !
Elle éclata de rire.
-Ne te souviens-tu donc pas de ce que je t'ai dit dans le bois d'Helenskäf ?
Il rougit.
-Et quel intérêt puis-je trouver à me montrer plus humble ?
-Me plaire...
Ses maigres efforts pour tenter de retrouver contenance furent réduits à néant.
-Carrément, répondit-il, enchanté malgré lui. Et quel intérêt ai-je à te plaire ?
Elle lui sourit, charmeuse :
-Tout dépend de la façon dont tu me plais...
-Façon Dilsiané peut-être ?
Elle leva les yeux au ciel.
-Je pensais plutôt à ce fameux matin dans la salle de bain.
Il ferma les yeux et se remémora la scène. Un frisson lui parcoura l'échine.
-Aly ?
-Noaïevã ?
-Je... euh... tu...
-Tu me plais beaucoup, tu sais..., dit-elle timidement.
-Plus que Dilsiané ?, répondit-il, malicieux.
-Cite encore une fois son nom..., le menaça-t-elle.
-Et ?, la chercha-t-il.
-Et je te transforme en chou-fleur !
-Je voudrais voir cela !, répliqua-t-il en éclatant de rire.
-Très bien !
Elle claqua des doigts.
-Non !, hurla-t-il.
-Des arguments ?
-Comment se fait-il que rien ne se soit passé ?
-Pour une métamorphose humaine, je suis obligée d'utiliser la formule.
-Que tu ne connais pas ?
-Que je n'ai pas dite.
-En clair, je dois trouver le moyen de te faire taire ?, s'informa-t-il, radieux.
-Tu as une idée ?
-Peut-être bien..., répondit-il, coquin.
Milneõ surgit une nouvelle fois :
« - Tu l'as échauffée à ce point ?
-Tu me sauves, mon vieux !
-A ce point ? Je ne savais pas Aly tigresse.
-Mais tu me savais stupide.
-Et ?
-J'étais prêt à faire une connerie.
-Genre ?
-L'embrasser !
-Alors, c'est moi l'imbécile ! Mais fonce, idiot ! »
Alienãvã lui tira l'oreille pour l'arracher à leur dialogue mental.
-Ca va ? Je ne suis pas de trop ?
-Tu ne me ferais pas une cesse, là ?
-Tu peux parler avec Dilsiané !
-Là, c'est toi, ma belle... Gnafédõ, ajouta-t-il en claquant des doigts.
Et la jeune fille se transforma en chou-fleur au fou rire de Noaïevã. Alienãvã Chou Fleur claqua des feuilles et redevint Alienãvã. Son ami était écroulé de rire sur son fauteuil et elle ne put retenir elle-même un sourire.
-Tu es magnifique en chou-fleur !
-Ne me cherche pas, je peux en faire autant !
-Nous formerions un couple charmant en chou-fleur !
-C'est une déclaration ?
-Venant de la part d'un chou-fleur, je ne sais pas comment tu envisages les choses.
-Mais sachant que ce chou-fleur est toi...
Il retrouva instantanément son sérieux :
-Et bien ?
-Ne serait-ce pas l'heure pour un petit garçon comme toi d'aller se coucher ?
-Il y a deux minutes, j'étais un chou-fleur, décide-toi !
-Tu veux savoir si je répondrais affirmativement à un chou-fleur ?
-A moi chou-fleur.
Elle claqua alors des doigts et tous deux se changèrent en choux-fleurs.
-Yos istrá voldrä résydã, cavén ilvéné gnafédõ.
Et Alienãvã Chou Fleur rougit aux propos de Noaïevã Chou Fleur et s'approcha de lui. Quand leurs lèvres Chou Fleur se rejoignirent, le c½ur de Noaïevã Chou Fleur manqua d'exploser.

Traduction : Tu es toujours aussi belle, même en chou-fleur.

# Posté le dimanche 28 janvier 2007 10:56

Iliaféen 19

Iliaféen 19
Noa, assis dans la cuisine de Milneõ, buvait un chocolat chaud en l'écoutant détailler sa soirée.
-Woaw, elle t'a sorti le grand jeu !
-Elle était radieuse, je ne l'avais jamais vue dans cette tenue. Je suis persuadé que c'est son costume viltaniolien.
-Elle n'a pas prononcé le serment avec vous ?
-Non.
-Mais décris-la, enfin !
-Euh...et bien... elle portait une longue robe vert pâle assortie à ses ailes. Elle avait accentué son regard et un collier de pierreries vertes pendait à son cou. Une bande de tissu blanc enserrait sa taille et la jupe bouffait alors en tulle vert et cascadait le long de ses cuisses que la transparence du tissu laissait entrevoir...
-Tu te mets à baver, Milneõ, se moqua Noaïevã.
-Moque-toi de moi !
-Continue, va !
-Elle avait dressé la table que tu as vue. On a pris timidement l'apéro mais passés les deux premiers verres, on s'est laissé aller. On s'est souvenu de nos délires à nous deux et on a soupé à la lueur des chandelles. Ses yeux marron scintillaient de leurs éclats verts. L'alcool lui avait rougi les joues, ses doigts se mêlaient nerveusement sur ses couverts. Elle me parlait de quelque chose, mais je serais incapable de te dire de quoi, j'étais bien trop occupé à l'admirer et je ne sais pas ce qui m'a pris : je l'ai coupée en lui prenant la main. Sa moiteur m'a enflammé les joues. Je lui ai dit qu'elle était ravissante. Elle a ri et m'a demandé ce qui me prenait.
-Et tu as eu une illumination ?
-« C'est vrai que j'aurais dû te le dire bien plus souvent mais ce soir, j'en perds l'esprit tant tu es belle. »
-Pas mal !
-Elle a rougi.
-Et ?
-J'ai envoyé valdinguer la table d'un clin d'½il et l'ai assise dans le fauteuil à côté de moi. Elle a ri et a encore demandé quelle mouche m'avait piqué ce soir.
-T'as intérêt à avoir assurer !, le menaça Noaïevã, emporté par son récit.
-« Iva lesdalë vustrénõ ladényã. Iva lesdalé dès iva tamény yos macyã. Iva bolevá dès iva siãnó yos... », répéta Milneõ dans un murmure.
-Et ?, bégaya Noaïevã, les larmes aux yeux bien malgré lui.
-On s'est rapproché et on s'est embrassé. Et vieux, je sais que ça te dégoûte que j'te vole la vedette mais faut pas te mettre dans un état pareil !
Noaïevã esquissa un sourire, mais il ne parvint pas à convaincre son ami, qui insista :
-Qu'est-ce qu'il y a ? Ca s'est si mal passé que ça ?
-Non, pas du tout. Mais je voudrais tant pouvoir faire la même chose.
-Mais pourquoi tu ne le fais pas ?
-Et si elle reste ici, Milneõ ? Si en m'ayant ramené, elle me plante là : salut, moi je repars à jamais, on s'est bien marré hein, mais voilà ! C'est déjà trop fort pour moi quand elle est là, comment veux-tu que je m'en remette ?
-Mais qui te dit qu'elle resterait ici ?
-Elle s'en veut de l'avoir entraîné chez moi, elle culpabilise de sa maladie. Jamais elle n'acceptera qu'il la suive à nouveau. Et sa fo...
-Force vitale est liée à lui, acheva-t-il.
-Ouais, murmura le jeune homme en se jetant dans le fauteuil qu'il venait de se faire apparaître.
Milneõ l'imita sans le quitter des yeux.
-Et tu me la fais pas avec ton numéro ! Tu vas tout de même tout me raconter !
-Rien de bien méchant : débat sur les définitions du terme « échauffer », cours sur ses réactions biologiques, théorie sur mes intérêts à lui plaire, mes chances d'y arriver.
-Et ?
-A la suite d'une déclaration de moi-chou-fleur, elle-chou-fleur m'a embrassé.
Milneõ éclata de rire.
-T'as fumé quoi, Noaïevã, que moi aussi puisse trouver d'aussi bonnes blagues ?
- C'est ça le pire : rien !
-Tu déconnes ?
-Je savais que j'aurais pas dû te le dire, soupira-t-il en se prenant le visage à deux mains.
-Et euh...comment en êtes-vous arrivés là ?
-Elle m'a menacé de me changer en chou-fleur si je reparlais de Dilsiané. Quand elle a cité son nom, c'est moi qui l'ai métamorphosée. D'où cette discussion sur sa réaction si je lui faisais une déclaration. Va-t'en savoir pourquoi en chou-fleur ! Quoiqu'il en soit, elle nous a métamorphosés, je lui ai dit que le chou-fleur que j'étais l'aimait et elle m'a embrassé.
-Ben voilà !, lança triomphalement Milneõ.
-En même temps, un baiser de légume...
-Mais elle prouve par là qu'elle en a envie.
-Tout faux : elle a été précise : de toi-chou-fleur !
Milneõ ne parvint plus à contenir son envie de rire et explosa à nouveau de rire.
-Ca va, ça va, ronchonna Noaïevã.
Il croisa le regard de Milneõ qui, se mordant sur les lèvres, tentait de se retenir de rire. Ils partirent en fou rire.
-T'es doué quand même !
-C'est toi que je dois féliciter ce soir. Mais tu l'as abandonnée comme ça ?
-Elle s'est endormie dans mes bras. Le rêve, mec, j'te raconte pas ! Sa poitrine sur ma cuisse, son souffle paisible sur mon bras. Je l'ai contemplée une demi heure et puis, je suis rentré en lui laissant une bonne surprise pour demain matin.
-Genre ?, demanda-t-il, intrigué.
-J'ai retapissé le sol et les murs de pétales verts sur lesquels je notais « Iva siãná yos, fas résydã » du même noir que celui de mes ailes.
-Woaw ! applaudit son ami.
-Je suis plutôt fier de moi.
-Tu peux ! Et quoi de prévu demain ?
-Premier jour de cours, mister ! Tu l'as quand même pas oublié ?
-Mince...
-Et si !, se moqua Milneõ. Allez, va dormir ! Tu as peut-être épaté Mayer Liaché mais t'as encore ton petit effet à faire sur les autres.
Noaïevã lui tira la langue avant de disparaître.

Déclaration de Milneõ : je ne sais pas non plus mais je sais que je pense sans cesse à toi. Je crois que je t'aime...

Message de Milneõ à Clénilia : je t'aime, ma belle.


Je tenais à m'excuser pour tout le retard que j'accumule mais j'ai eu beaucoup de boulot sans compter ma panne de pc...Je ne promets toujours rien mais je remercie tous ceux qui sont là...

# Posté le lundi 02 avril 2007 12:09

Iliaféen 20

Iliaféen 20
Un joyeux brouhaha régnait dans l'auditoire. Les élèves y discutaient en petits groupes flottant dans les airs tandis que les cours s'entrechoquaient en rejoignant leur place au gré du vent. Noaïevã pénétra dans la salle, précédé par Alienãvã. Ils eurent juste le temps de déposer leurs affaires et la porte se ferma dans le dos de Mayer Liaché. Ce dernier salua ses élèves avant de débuter son cours sur la légende du premier Viltaniolien.
-Il y a bien longtemps, Viltaniolã était ce que nos voisins les Sarkïny nommaient Felyundä Veldé. Notre région était en effet recouverte recouverte de nuages. Et un jour, selon la légende, ces nuages se vidèrent de leurs eaux et disparurent en laissant Viltaniolã dévastée par les inondations. Ce fut la première et la dernière pluie que connut notre pays. Elle porte aujourd'hui le nom d'Yundõa. Viltaniolã avait dès lors pris l'apparence que nous lui connaissons de nos jours. Et quand souffla le vent sur Viltaniolã, des milliers de fleurs s'ouvrirent. Et de chacune d'elles naquit un Viltaniolien. C'est cette légende qui a inspiré la tradition des naissances actuelles.
Tous les élèves présents dans l'auditoire s'entre-regardèrent, interloqués : quel rapport y avait-il entre ces fleurs et ce qu'ils nommaient l'Esludé Navénã ? Seuls Alienãvã et Noaïevã saisirent le sens de cette remarque. Mais la jeune fille, elle, en comprit aussi la raison : ennemi des banalités, son professeur désirait présenter son nouvel élève et avait trouvé le prétexte à une intervention de sa part.
-Vous ne comprenez pas ?, interrogea le vieux professeur.
Enchanté des mines ahuries de ses élèves, il se tourna vers Noaïevã :
-Peut-être que Noaïevã pourrait vous éclairer sur la question, déclara-t-il malicieusement.
Tous les visages convergèrent vers le jeune homme. Sans compter les quelques jeunes filles que son physique avait attirées, personne n'avait remarqué le nouvel arrivant.
-Et bien, Noaïevã ?, insista Mayer Liaché.
Alienãvã lui décocha un coup de coude :
« - Comme chez toi, Noaïevã...
-C'est péjoratif, ça ?
-Du tout, lui murmura-t-elle, mentalement. »
Son sourire l'encouragea.
-Les Esludé Navénã servent chez moi à planter les fleurs que l'on voudrait élever à l'intérieur.
-Chez toi ?, interrogea une fille du fond de la classe.
-Je vis dans un monde parallèle au vôtre, la Terre.
« Pas un mot sur mes voyages », lui souffla Alienãvã.
Des chuchotements fusaient de partout. Mayer Liaché les interrompit d'un bref mais sonore claquement de mains.
-Si vous avez des questions, adressez-les directement à Noaïevã. Il me semble bien plus apte que chacun d'entre vous à y répondre.
-Tu parles de la Terre d'où l'on dit que viennent les graines des fleurs dont nous sommes nés ?, demanda un garçon en levant le bras.
-Effectivement, Toérkõ, intervint Mayer Liaché. Comme vous le savez, un lien unit nos deux planètes, bien que seule Viltaniolã semble pouvoir toucher la Terre. Malgré toutes les études que nous avons menées, nous ne savons toujours pas comment est apparue cette liaison.
-Et vous êtes aussi au courant de notre existence sur Terre ?
-Avant d'arriver ici, je ne savais rien de Viltaniolã.
-Comment es-tu arrivé ici ?
Noaïevã se tourna vers Alienãvã. Elle hocha la tête.
-Par magie, répondit-il, son sourire charmeur aux lèvres.
-Et vous avez déjà cette apparence chez vous ?
-Non, je l'ai prise ici.
-C'est donc toi l'Ischianote qui a si brillamment réussi l'examen de statut magique ?
Il se tourna à nouveau vers son amie qui pouffa de rire.
-Ne connaissant pas les critères d'évaluation, je ne m'emporterais pas à le définir comme brillant, mais d'après ce que l'on m'en a dit, je l'ai effectivement réussi.
-Cela tient déjà de miracle pour un premier essai !
-D'autant plus pour un Ischianote !
-Et sous effet de surprise !
Ce n'est pas parce qu'ils n'avaient jamais vu le jeune homme qu'ils ignoraient tout de lui. Les commentaires venaient de toute la classe.
- Et à quatre à la fois ! Ils n'y ont pas été de main morte !
Vilnyaé éclata de rire :
-En comparaison à la raclée qu'il nous a mise, on a été doux comme des agneaux !
-Il n'a peut-être jamais assisté à cet examen mais nous bien, il devance de très loin Mayer Slabén !, renchérit Dilsiané.
-T'exagères, Dil' !
-J't'assure To', je l'ai vu aussi moi le parc, mon oncle m'a appelé à l'aide pour tout ranger, ça veut tout dire !, intervint un garçon.
Des exclamations s'élevèrent de tout l'auditoire.
-Est-ce que notre jeune prodige aurait l'amabilité de se présenter ?, demanda une voix forte par-dessus le brouhaha. Histoire de connaître mon concurrent, ajouta le vieil homme avec un clin d'½il.
-Siarkàné Noaïevã, le salua Mayer Slabén.
-Siakàné Mayer, lui répondit le jeune homme.
-Sarkéno.
-Iva istrá Ischianote. Fas muyénõ istrá Noa ilvéné fas veldé. Iva istrá es dalénéã Alienãvã. Das veldé istrá valnény. Isra fasãl istrá as hyonénä.
Il s'était exprimé aisément, sans crainte à son allusion à Alienãvã. D'un clin d'½il, elle lui avait fait comprendre qu'il était au courant et que les élèves autour d'eux ne saisiraient certainement pas sa remarque.
-Istra vilocéne vér yos istrá as hyonénä. Iva veliadestà macyã yos. Es Ischianote chiné sarkénó sical es Viltaniolien ay istrá as aevã ilvéné wovénã, répondit Mayer Slabén.
-Evitons une nouvelle crise de larmes à Alienãvã, intervint Mayer Liaché. Je vous cède la place, cher collègue.
Et il quitta la pièce en adressant un dernier clin d'½il à Noaïevã :
« Ne les épatez pas tous de la sorte, ils ne vous laisseront plus repartir. Je voudrais vous voir après les cours. Disons à quinze heures dans le parc. A tout à l'heure, Noaïevã. »

Echange entre Mayer Slabén et Noaïevã :
-Enchanté Noaïevã.
-Enchanté, professeur.
-Parlez.
-Je suis Ischianote. Mon nom est Noa dans mon pays. Je suis un ami d'Alienãvã. Votre pays est merveilleux. Etre ici est un grand honneur.
-Etre vaincu par toi est un honneur. J'ai beaucoup entendu à (toi) ton sujet. Un Ischianote qui parle comme un Viltaniolien est une étoile en magie.

# Posté le lundi 02 avril 2007 12:17

Direct Auteur, Bonjour !

Coucou !

En direct de la place de la nullicité (ça s'dit tout ça ?), moi, l'auteur ! Nulle car jamais à jour, nulle car lente....Je me répète !
Promis, des publications plus régulières !

Merci à ceux qui me suivent, ceux qui m'encouragent, laissent leurs traces...

A très vite !

Djbyne


PS pour Calipsa :
Merci beaucoup pour ton commentaire mais sans te désespérer, je garde le suspens ... Patience ^^

# Posté le jeudi 12 avril 2007 14:30