Allongé au bord de l'énorme fleuve bordant Ilniãriã, Noaïevã discutait avec Milneõ. Celui-ci lui avait proposé de passer l'après-midi en sa compagnie tandis qu'Alienãvã rendait visite à Alegrianõ. Le jeune homme avait enfin repris connaissance et sa s½ur s'était précipitée à son chevet. Les deux garçons avaient décidé d'aller se prélasser au bord de l'eau après leur éreintante journée de la veille.
-Et elle t'avait dressé une table ?, interrogea Milneõ, passionné par le récit de son ami.
-Et m'a dit m'avoir trouvé magnifique à la cérémonie. Ce n'est que quand elle a surpris mon regard qu'elle a dévié la conversation.
-Par ?
-Mes progrès en Viltaniolien !
Milneõ éclata de rire et lui fit signe de poursuivre.
-Je n'ai pas démenti et lui ai entamé la conversation en Viltaniolien.
-Woaw, il s'y connaît l'bougre !, l'acclama-t-il en sifflant d'admiration.
Noa sourit et lui rapporta ses propos de la nuit passée.
-Et qu'a-t-elle répondu ?
-Tu ne me croirais pas !, rit Noaïevã. Elle m'a demandé si je parlais de la lune !
Milneõ éclata de rire à son tour mais retrouva son sérieux devant la mine soudainement rêveuse de son interlocuteur.
-Je lui ai dit que c'était de mon étoile dont je parlais. Elle a rougi et m'a demandé en balbutiant qui était mon étoile, souffla-t-il doucement, comme s'il craignait, en dévoilant ces souvenirs, d'en perdre la magie.
-Et la cerise sur le gâteau ?, ne put s'empêcher d'ironiser le jeune homme.
-« Yos », rapporta Noaïevã, et je me suis fait disparaître.
-C'est bien ce que je disais, t'es un maître !, se moqua Milneõ en lui décochant un coup de poing amical dans l'épaule.
Noa éclata de rire.
-C'est ce que me répète sans cesse mon meilleur ami, expliqua-t-il, sauf que cette fois, je ne le calcule pas.
-Dans quel but alors ?
-Je ne sais pas très bien, c'est ça le plus étrange : j'ai l'impression qu'en débarquant ici, je perds peu à peu tout de moi pour me reconstruire un autre visage, murmura-t-il d'un air songeur.
-Tu sais que je ne sais pratiquement rien de toi ?, demanda Milneõ, désireux d'esquiver ce sujet délicat. C'est qui ce gars dont tu me parlais il y a deux secondes ?
-Matthieu, mon meilleur ami. On se connaît depuis qu'on est hauts comme trois pommes. On a sympathisé au coin à la maternelle.
Milneõ éclata de rire.
-Il m'a beaucoup soutenu au décès de Maman et on ne s'est jamais quitté. Depuis la secondaire, ce qui correspond à l'Ischian dès treize ans chez vous, on s'est lié avec Guillaume et Edouard. Et depuis quatre ans maintenant, on en fait voir de toutes les couleurs à nos profs. Matthieu passe plus de temps chez lui que chez sa mère. Comme mon père n'est pratiquement jamais là, on a quartier libre. Et ça m'remonte le moral d'avoir quelqu'un à qui parler entre mes frangins casse-pieds et ma s½ur pas forcément à l'aise dans cette maison où fait terriblement défaut une présence féminine. Il adore les enfants et en benjamin d'une famille de sept garçons, il est pas vraiment gâté ! Alors, il se plait bien chez moi. Et toi, comment t'es tombé dans cette bande ?
-Et bien Xarestõ et moi, c'est plus ou moins le même tableau que ton pote et toi. J'lui ai collé une baffe à c'que t'appelles la maternelle. Il avait offert des fleurs à mon amoureuse, grogna-t-il.
-Et c'est moi le spécialiste des histoires d'amour ?, se moqua Noaïevã.
-Sauf que cette fille, c'était Sélifià et qu'ils s'aiment depuis qu'ils sont mômes ! Quoiqu'il en soit, on avait quatre ans, il leur faudra encore une petite dizaine d'années pour s'avouer leur amour et moi, à l'époque, j'ai gardé Sély, Xarestõ a gagné un ½il au beurre noir et moi un pote. On est restés très proches tous les trois et au décès des parents de Sélifiã, elle a été placée en famille d'accueil chez Silyana. Silyana était une copine de cours d'Aly et elles se sont d'emblée plu les filles. Bien qu'elle adorait sa famille adoptive, Sély passait plus de temps chez Aly avec Silyana que chez elle. C'est aux dix ans de Sélifiã qu'on les a enfin rencontrées. Alienãvã était bien sûr de la partie et Dilsiané avait invité un copain, Vilnyaé. On s'est tous retrouvés à l'Ischian. Cléniliã s'est rajoutée à la bande en sympathisant avec Aly au cours des arts Ischianote. Elle s'est super vite intégrée en nous charmant tous avec son fichu sourire radieux ! J'ai rencontré Nilyundinã à une fête chez Aly et Vilnyaé a flashé sur Dellianã lors de la cérémonie du Silträ Délénavã. Il l'a rapidement abordée et elle a rejoint le groupe avant de sortir quelques mois plus tard avec Vil'. Et Evianã nous suit partout depuis trois ans.
-J'suis indiscret si..., bredouilla Noa.
-Non, le coupa Milneõ. Quand Maman est morte, Papa a vraiment commencé à dépérir. J'avais même annulé le souper chez Aly ce soir-là en le voyant si mal. Mais j'ai pas eu le temps de rentrer de cours. Discret et fier jusqu'au bout le paternel. J'étais complètement démoli et Evy qui n'en finissait plus de pleurer. J'savais pas quoi faire alors j'l'ai couverte et ai couru jusque chez Alienãvã. Personne ne l'avait jamais vue et m'voir débouler en larmes avec cette petite poupée dans les bras, ça leur a foutu un coup, j'crois. Mais elle m'a redonné le sourire, ma puce. J'étais un ado plutôt mal dans ma peau depuis le décès de Maman, genre turbulent et impoli mais en prenant toutes mes responsabilités pour cette petite s½ur que je me refusais à abandonner, j'ai changé du tout au tout. Au début, j'allais carrément en cours avec elle, j'te raconte pas la tête de mes profs mais même eux ont fini par avouer tous les bienfaits de sa présence : j'étais devenu appliqué, calme et travailleur. Et par-dessus tout, j'aurais jamais tenu le coup sans Xarestõ ! Lui aussi adore Evy et à l'attendre, les gens doivent se poser de sérieuses questions. Elle dit toujours qu'elle vit avec Milneõ et son copain, Xarestõ. Ca prête plutôt à confusions et a même fait pleurer ma respons' qui passe de temps à autres vérifier que tout va bien. J'crois qu'tu sais tout, conclut-il en observant le soleil qui déclinait.
Ils admirèrent en silence le ciel flamboyant dans ces derniers instants de clarté.
-Y'a quoi au programme ce soir ?, demanda Milneõ, sans retenir un sourire.
-Euh..., bafouilla Noaïevã.
Passionné par la vie de son ami, il en avait complètement oublié sa soirée prévue avec Aly.
-Souper en tête à tête avec Madame, vu ta tête !, se moqua Milneõ.
-Gnagnagna, ronchonna-t-il en grimaçant à Milneõ.
Mais comme pour donner raison au Viltaniolien, un message mental d'Alienãvã lui parvint :
« Alors les gars ? On bronze en pleine nuit ? J'aurais bien invité Mil' mais Clény m'a devancée ! Je suis passée chercher Evy, on la gardera cette nuit. A tout de suite, Noaïevã ! »
-Alors ?, interrogea Milneõ, amusé par l'air hébété de son ami.
-Clény dort chez ta s½ur et t'es invité chez... euh..., bafouilla-t-il au grand amusement de Milneõ.
-Laisse-moi t'aider : Evy dort chez Aly...
-Et tu es invité à souper aux chandelles chez la charmante Cléniliã !, acheva Noaïevã, tout aussi amusé par la mine subitement dépitée de Milneõ.
-Chez... chez... ?
-Cléniliã, c'est ça !, se moqua-t-il. Faudrait d'ailleurs activer, elle t'attend à ce que j'ai compris.
Il lui adressa un clin d'½il moqueur et lui tendit la main pour l'aider à se redresser.
-La tienne, aussi, j'te rappelle !, rétorqua-t-il avant de partir en courant d'un côté tandis que Noaïevã partait de l'autre.
Au même instant, ils se retournèrent l'un vers l'autre :
-Au fait, mec, faudrait superviser la tenue !, s'exclamèrent-ils en ch½ur.
Pris d'un fou rire, ils relookèrent d'un claquement de doigts celui avec qui ils venaient de passer une si agréable après-midi. Tous deux simplement vêtus d'un trois quart en lin à la mode viltaniolienne se retrouvèrent d'un coup sublimes dans leurs tunique blanche et pantalon serré à la mi-mollet assorti à leurs ailes : bleu chez Noaïevã et noir chez Milneõ. Ils se sourirent avant de reprendre leur course.
-Et elle t'avait dressé une table ?, interrogea Milneõ, passionné par le récit de son ami.
-Et m'a dit m'avoir trouvé magnifique à la cérémonie. Ce n'est que quand elle a surpris mon regard qu'elle a dévié la conversation.
-Par ?
-Mes progrès en Viltaniolien !
Milneõ éclata de rire et lui fit signe de poursuivre.
-Je n'ai pas démenti et lui ai entamé la conversation en Viltaniolien.
-Woaw, il s'y connaît l'bougre !, l'acclama-t-il en sifflant d'admiration.
Noa sourit et lui rapporta ses propos de la nuit passée.
-Et qu'a-t-elle répondu ?
-Tu ne me croirais pas !, rit Noaïevã. Elle m'a demandé si je parlais de la lune !
Milneõ éclata de rire à son tour mais retrouva son sérieux devant la mine soudainement rêveuse de son interlocuteur.
-Je lui ai dit que c'était de mon étoile dont je parlais. Elle a rougi et m'a demandé en balbutiant qui était mon étoile, souffla-t-il doucement, comme s'il craignait, en dévoilant ces souvenirs, d'en perdre la magie.
-Et la cerise sur le gâteau ?, ne put s'empêcher d'ironiser le jeune homme.
-« Yos », rapporta Noaïevã, et je me suis fait disparaître.
-C'est bien ce que je disais, t'es un maître !, se moqua Milneõ en lui décochant un coup de poing amical dans l'épaule.
Noa éclata de rire.
-C'est ce que me répète sans cesse mon meilleur ami, expliqua-t-il, sauf que cette fois, je ne le calcule pas.
-Dans quel but alors ?
-Je ne sais pas très bien, c'est ça le plus étrange : j'ai l'impression qu'en débarquant ici, je perds peu à peu tout de moi pour me reconstruire un autre visage, murmura-t-il d'un air songeur.
-Tu sais que je ne sais pratiquement rien de toi ?, demanda Milneõ, désireux d'esquiver ce sujet délicat. C'est qui ce gars dont tu me parlais il y a deux secondes ?
-Matthieu, mon meilleur ami. On se connaît depuis qu'on est hauts comme trois pommes. On a sympathisé au coin à la maternelle.
Milneõ éclata de rire.
-Il m'a beaucoup soutenu au décès de Maman et on ne s'est jamais quitté. Depuis la secondaire, ce qui correspond à l'Ischian dès treize ans chez vous, on s'est lié avec Guillaume et Edouard. Et depuis quatre ans maintenant, on en fait voir de toutes les couleurs à nos profs. Matthieu passe plus de temps chez lui que chez sa mère. Comme mon père n'est pratiquement jamais là, on a quartier libre. Et ça m'remonte le moral d'avoir quelqu'un à qui parler entre mes frangins casse-pieds et ma s½ur pas forcément à l'aise dans cette maison où fait terriblement défaut une présence féminine. Il adore les enfants et en benjamin d'une famille de sept garçons, il est pas vraiment gâté ! Alors, il se plait bien chez moi. Et toi, comment t'es tombé dans cette bande ?
-Et bien Xarestõ et moi, c'est plus ou moins le même tableau que ton pote et toi. J'lui ai collé une baffe à c'que t'appelles la maternelle. Il avait offert des fleurs à mon amoureuse, grogna-t-il.
-Et c'est moi le spécialiste des histoires d'amour ?, se moqua Noaïevã.
-Sauf que cette fille, c'était Sélifià et qu'ils s'aiment depuis qu'ils sont mômes ! Quoiqu'il en soit, on avait quatre ans, il leur faudra encore une petite dizaine d'années pour s'avouer leur amour et moi, à l'époque, j'ai gardé Sély, Xarestõ a gagné un ½il au beurre noir et moi un pote. On est restés très proches tous les trois et au décès des parents de Sélifiã, elle a été placée en famille d'accueil chez Silyana. Silyana était une copine de cours d'Aly et elles se sont d'emblée plu les filles. Bien qu'elle adorait sa famille adoptive, Sély passait plus de temps chez Aly avec Silyana que chez elle. C'est aux dix ans de Sélifiã qu'on les a enfin rencontrées. Alienãvã était bien sûr de la partie et Dilsiané avait invité un copain, Vilnyaé. On s'est tous retrouvés à l'Ischian. Cléniliã s'est rajoutée à la bande en sympathisant avec Aly au cours des arts Ischianote. Elle s'est super vite intégrée en nous charmant tous avec son fichu sourire radieux ! J'ai rencontré Nilyundinã à une fête chez Aly et Vilnyaé a flashé sur Dellianã lors de la cérémonie du Silträ Délénavã. Il l'a rapidement abordée et elle a rejoint le groupe avant de sortir quelques mois plus tard avec Vil'. Et Evianã nous suit partout depuis trois ans.
-J'suis indiscret si..., bredouilla Noa.
-Non, le coupa Milneõ. Quand Maman est morte, Papa a vraiment commencé à dépérir. J'avais même annulé le souper chez Aly ce soir-là en le voyant si mal. Mais j'ai pas eu le temps de rentrer de cours. Discret et fier jusqu'au bout le paternel. J'étais complètement démoli et Evy qui n'en finissait plus de pleurer. J'savais pas quoi faire alors j'l'ai couverte et ai couru jusque chez Alienãvã. Personne ne l'avait jamais vue et m'voir débouler en larmes avec cette petite poupée dans les bras, ça leur a foutu un coup, j'crois. Mais elle m'a redonné le sourire, ma puce. J'étais un ado plutôt mal dans ma peau depuis le décès de Maman, genre turbulent et impoli mais en prenant toutes mes responsabilités pour cette petite s½ur que je me refusais à abandonner, j'ai changé du tout au tout. Au début, j'allais carrément en cours avec elle, j'te raconte pas la tête de mes profs mais même eux ont fini par avouer tous les bienfaits de sa présence : j'étais devenu appliqué, calme et travailleur. Et par-dessus tout, j'aurais jamais tenu le coup sans Xarestõ ! Lui aussi adore Evy et à l'attendre, les gens doivent se poser de sérieuses questions. Elle dit toujours qu'elle vit avec Milneõ et son copain, Xarestõ. Ca prête plutôt à confusions et a même fait pleurer ma respons' qui passe de temps à autres vérifier que tout va bien. J'crois qu'tu sais tout, conclut-il en observant le soleil qui déclinait.
Ils admirèrent en silence le ciel flamboyant dans ces derniers instants de clarté.
-Y'a quoi au programme ce soir ?, demanda Milneõ, sans retenir un sourire.
-Euh..., bafouilla Noaïevã.
Passionné par la vie de son ami, il en avait complètement oublié sa soirée prévue avec Aly.
-Souper en tête à tête avec Madame, vu ta tête !, se moqua Milneõ.
-Gnagnagna, ronchonna-t-il en grimaçant à Milneõ.
Mais comme pour donner raison au Viltaniolien, un message mental d'Alienãvã lui parvint :
« Alors les gars ? On bronze en pleine nuit ? J'aurais bien invité Mil' mais Clény m'a devancée ! Je suis passée chercher Evy, on la gardera cette nuit. A tout de suite, Noaïevã ! »
-Alors ?, interrogea Milneõ, amusé par l'air hébété de son ami.
-Clény dort chez ta s½ur et t'es invité chez... euh..., bafouilla-t-il au grand amusement de Milneõ.
-Laisse-moi t'aider : Evy dort chez Aly...
-Et tu es invité à souper aux chandelles chez la charmante Cléniliã !, acheva Noaïevã, tout aussi amusé par la mine subitement dépitée de Milneõ.
-Chez... chez... ?
-Cléniliã, c'est ça !, se moqua-t-il. Faudrait d'ailleurs activer, elle t'attend à ce que j'ai compris.
Il lui adressa un clin d'½il moqueur et lui tendit la main pour l'aider à se redresser.
-La tienne, aussi, j'te rappelle !, rétorqua-t-il avant de partir en courant d'un côté tandis que Noaïevã partait de l'autre.
Au même instant, ils se retournèrent l'un vers l'autre :
-Au fait, mec, faudrait superviser la tenue !, s'exclamèrent-ils en ch½ur.
Pris d'un fou rire, ils relookèrent d'un claquement de doigts celui avec qui ils venaient de passer une si agréable après-midi. Tous deux simplement vêtus d'un trois quart en lin à la mode viltaniolienne se retrouvèrent d'un coup sublimes dans leurs tunique blanche et pantalon serré à la mi-mollet assorti à leurs ailes : bleu chez Noaïevã et noir chez Milneõ. Ils se sourirent avant de reprendre leur course.
hé si, je suis de retour ! Bon, cet article est un peu long mais il fallait bien combler cette aussi longue absence ! Je tiens à remercier tout ce qui m'ont motivée à écrire cette fichue suite ! Bonne lecture et promis, la suite très prochainement ;)

