Iliaféen 10

Iliaféen 10
- Quoi d'bon au menu ?, interrogea Noaïeva.
- Ah ! Tu es là, tu veux bien superviser tout ça pendant que je me prépare ?
- Te prépares à quoi ?
- J'ai invité quelques amis pour fêter ton arrivée ici et te présenter.
- Euh... ce soir ?
- Et bien, oui, Noaïeva, sinon je me préparerais demain. Et ce n'est pas que ta tenue me déplaise mais veille à être plus présentable pour une première entrevue. Termine le repas, je te laisse la place après.
Deux heures plus tard, les deux amis étaient assis dans de profonds poufs flottant au-dessus du sol, accompagnés de leurs dix invités. Des plats recouverts de biscuits, de toasts et de verres à cocktail tournoyaient entre eux. Noaïeva, assis entre Alienava et l'une de ses amies, se remémora le nom des dix personnes venues l'accueillir en Viltaniola. Sa voisine, nommée Selifia, était une amie d'enfance d'Alienava. Grande, elle avait de petits yeux très foncés et des traits durs et volontaires, forgés par les épreuves de la vie. Orpheline depuis 5ans, elle vivait chez les parents de Silyana, devenue sa soeur adoptive. Celle-ci, plus petite, ne cessait de sourire. Ses joues étaient roses et rondes. A ses côtés, leur frère : Dilsiane. Très grand, mince, ses yeux étaient d'un bleu glacial et sa voix douce et chantante. Son meilleur ami, Vilnyae, était de même carrure mais plus ouvert d'aspect. Delliana, la petite amie de Vilnyae, resplendissait dans une robe blanche en contraste avec sa peau et ses cheveux noirs. Assise auprès d'elle, une fille très petite, amie de cours d'Alienava, se prénommait Clénilia. Noa avait d'emblée apprécié Milneo, grand, métisse, aux cheveux longs et ondulés et aux yeux rieurs. Ses amis commençaient à lui manquer et sa rencontre avec Milneo le réconforta. D'autant plus que cette appréciation semblait réciproque. Sa petite soeur, âgée de cinq ans et aux identiques grands yeux bruns, l'accompagnait. A côté d'Eviana se trouvait Xaresto, le meilleur ami de Milneo et ex petit ami de Selifia. Et l'ovisya d'Alienava, Nilyudina ressemblait énormément à son père, El'Sakarn. Tous paraissaient enchantés du retour de leur amie et Noa sentait de temps à autres des regards obliquer dans sa direction. Soudain, la petite voix de Clénilia mit terme aux bavardages :

- Noaïeva, comment es-tu arrivé en Viltaniola alors que Aly, qui est l'une des plus prometteuses magiciennes de notre génération, n'y parvienne qu'à l'aide de sorts lancés sur son point d'envol ?
- Je ne ..., commença Noaïeva, gêné par cette question. A l'aide d'autres sorts, dis-tu ?
Un doute germait dans son esprit : Alienava n'avait pas la force de l'amener, lui-même n'en avait sûrement pas la capacité alors si quelqu'un l'avait entraîné ici par la biais de son amie ?
- Et bien, oui, chaque mois sur Terre, un sort s'active dans le bois duquel décolle Alienava et lui transmet l'énergie nécessaire à se transporter jusqu'ici. Tout cela ... , répondit Clénilia sans comprendre le sens de sa question.
Mais Alienava, elle, l'avait bien saisi et coupa son amie en envoyant mentalement un message de patience à Noaïeva.
- Je ne sais pas mais le plus important, c'est que je bénéficie de l'immense privilège de connaître votre pays, reprit Noa en souriant.
- Et si on lui faisait bénéficier de notre nourriture ?, proposa Milneo.
Vite approuvé, une table surchargée de plats, de verres et d'assiettes se plaça entre eux.
Ils mangèrent en bavardant, répondirent aux multiples questions de leur invité Ischianote. Ils prévinrent quelques sorties primordiales à la visite de la ville. Le cocktail, légèrement alcoolisé, délia d'autant plus les langues. La soirée s'acheva dans de grands canapés et alimentée par de petits fruits sûrs et juteux. Ils riaient beaucoup et les affinités s'accentuèrent. Eviana flottait paisiblement endormie au-dessus du sol. Noaïeva discutait avec Clénilia quand il remarqua Dilsiane s'approcher d'Alienava. Il ne répondit plus que par monosyllabes quand il vit ses mains enserrer sa taille et se tut tout à fait quand leurs lèvres se rejoignirent. Milneo et Xaresto vinrent s'asseoir à leurs côtés et perçurent le trouble du jeune homme. Du moins Milneo car Xaresto s'intéressait plus à Selifia. Ils ne s'étaient apparemment pas totalement oubliés car il ne tarda pas que leurs regards explicites ne les firent craquer. Milneo observa son ami abandonné aux bras de Selifia et sourit avant d'entraîner Noaïeva dehors où il matérialisa une terrasse accolée au mur de la façade. Silyana, Clénilia et Nilyudina les suivirent. Noa bouillonnait intérieurement mais se força à conserver un air souriant. Milneo ne fut néanmoins pas tout à fait dupe :

- Pas l'habitude de se voir résister ?, lui demanda-t-il en souriant mais sans moquerie.
- Pardon ?, répondit Noa. Le sens de la question ne lui parvenait pas mais à cet instant, le rire d'Alienava éclata et emplit l'air. Les yeux de Noaïeva pétillèrent mais quand il aperçut Dilsiane se pencher vers elle, il redevint morose.
- Pourquoi tu dis ça ?, reprit-il bien que qu'il ait maintenant compris la réflexion du jeune homme.
- Parce que ça se ressent que tu y tiens beaucoup et que tu acquiers d'emblée l'affection des filles. Pas vrai, Clény ?
- C'est pas faux, rougit-elle.
Milneo se rembrunit imperceptiblement mais éclata de rire.
- Mais tu ne demandes l'avis que de l'une des trois magnifiques représentantes de la gent féminine qui nous accompagnent, répliqua Noa.
Il cherchait à tout prix à endiguer le trouble que Milneo avait fait naître en lui. Mais il comprit tout de suite la stupidité de ses propos. Les mains de Silyana et de Nilyudina étaient liées dans l'obscurité. Milneo avait suivi son regard.
- Voilà, tu as compris, vieux.
Les filles rougirent, un peu honteuses.
- Ola !, les coupa Noaïeva, j'anticipe, ça ne me dérange pas du tout !
Elles sourirent, soulagées.
- Tu es sûr ?, demanda tout de même Silyana.
- Mais enfin, le plus beau est d'aimer et cela sans se soucier de l'avis de qui que ce soit ! Ne laissez personne vous arracher votre bonheur surtout.
L'alcool avait déjà fait sombrer Alienava dans un profond sommeil. Elle reposait sur l'épaule de Dilsiane au grand mécontentement de Noaïeva. Vilnyae et Delliana vinrent proposer à Clénilia de la raccompagner. Silyana et Nilyudina laissèrent alors les garçons seuls et rentrèrent dans le salon. Eviana les rejoignit bientôt et réclama les bras de son frère. Elle se rendormit aussitôt contre lui.

- Comment est-ce arrivé ?, interrogea Noaïeva.
- Ma mère est décédée il y a trois ans en mettant au monde son bébé. Mon père l'a bien vite suivie. Ici, si l'un des deux conjoints meurt, il est bien rare que l'autre lui survive. Le bébé n'a pas vécu non plus. Je vis depuis lors seul avec Evy. Elle est ce que j'ai de plus précieux. Je n'aurais sans doute pas tenu le coup non plus si elle n'avait pas été là avec ses jolis yeux et son grand sourire.
Du plus profond de son sommeil, Eviana donna raison à son frère et un sourire s'esquissa sur les lèvres de la fillette.
- Tu es issu d'amour et il persiste entre vous, sourit Noaïeva.
Milneo sourit à son tour.
- Mes frères me manquent aussi, reprit-il.
- Tu en as combien ?
- Une soeur de treize ans, Léa, Matteo, sept ans et Hugo, mon frère adoptif âgé de deux ans.
- Adoptif ?
- Ma mère aussi est morte il y a sept ans.
- Ton père pas ?
- C'est tout comme, mais non. Je crois qu'ils se sont beaucoup aimés mais pas autant que les tiens apparemment.
- Et Aly ?
- Quoi Aly ?
- Et bien, qui ? Comment ? Où ? Quand ?
- Aly, et bien, c'est Alexandra pour moi. Je l'ai connue en flashant bêtement sur une de ses amies que j'ai bien vite oubliée.

- Pourquoi bêtement ?
Noa fixa Milneo sans parvenir à dire quoique ce soit mais son regard lourd de ses hontes enfouies donna la réponse au jeune homme. Il hocha la tête.
- Continue.
- Peu à peu, on s'est rapproché, Aly et moi. On se retrouvait chaque soir dans ce fameux bois où je vais aussi souvent m'isoler. On passait nos soirées à courir, discuter et observer les étoiles. Puis, je l'ai surprise en plein vol entre nos deux mondes pour prendre des nouvelles d'Alegriano. Je la recueillais chaque soir. La première fois, je suis resté jusqu'à ce qu'elle revienne à elle. Mais elle s'est enfuie, gênée. Je n'ai pas osé lui demander d'explication mais je suis revenu les jours suivants. Jusqu'au jour où je l'ai prise par la main et suis arrivé ici avec elle.
- Qui, comment, où mais quoi ?
- Quoi, quoi ?, répliqua Noaïeva.
- Déconne pas, tu le regardes sans cesse.
- J'vais pas t'aimer si tu m'observes comme ça !
- Tant mieux, j'préfère les filles !
- Tes mots m'ont troublé tout à l'heure..., commença plus sérieusement Noaïeva. Mais non, pas dans ce sens là, idiot !, ajouta-t-il devant l'air horrifié de Milneo. Tu as dit « tu y tiens beaucoup... ».
- Et tu ne sais pas à quel point, c'est ça ?
Noaïeva hocha la tête. Eviana se réveilla alors et pleurnicha.
- On va y aller, princesse, lui chuchota son frère.
Ils rentrèrent dans le salon où tous s'apprêtaient également à partir. Les trois couples se séparèrent et quittèrent la maison, petites lueurs brillant parmi les étoiles de cette tiède nuit.

# Posté le mardi 05 septembre 2006 12:23

Modifié le vendredi 15 décembre 2006 12:25

Iliaféen 11

Iliaféen 11
Milneo demanda à Noaïeva de l'accompagner jusque chez lui. Ils couchèrent la petite fille et discutèrent encore un peu. Milneo lui expliqua le programme des études viltanioliennes, le système scolaire, le fonctionnement des diverses administrations responsables de l'entretien de la ville, les différentes corporations et guildes de métiers. Noaïeva lui fit remarquer les différences avec son monde : la naissance dans les pots, l'école motrice dès l'âge de trois ans, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dès lors, l'école élémentaire de six à onze ans. Et les études générales ou spécialisés dès treize ans. La douzième année servait à l'acquisition des lois, règles et principes élémentaires de leur société. A seize ans, Milneo se trouvait au stade Kilsney qui correspond à l'étude de l'histoire de Viltaniola. La première et la seconde années, Vilterna et Nilfané correspondent, elles, à l'étude des formules élémentaires et à celles des lois naturelles et humaines de la magie. Cet apprentissage était indispensable à cette société dont l'espérance de vie ne dépassait pas les septante ans. Une sagesse précoce était donc de mise. A quatre heures du matin, Noaïeva regagna la maison silencieuse de son amie. Il trouva Alienava allongée à même le sol, blottie contre un pouf abandonné. Il rangea en vitesse la pièce : renvoya chaque chose, propre et sèche à sa place, fit disparaître les tables et les sièges ainsi que la terrasse de Milneo. Il matérialisa le lit d'Alienava et malgré sa rancoeur, ne put se résoudre à l'y transporter par magie. Silencieusement, il se pencha vers son corps endormi, le hissa dans ses bras et l'allongea avec une délicatesse méticuleuse sur le lit. Il la déshabilla sommairement et la contempla longuement rêver. Ses mèches mauves cascadaient sur les draps blancs, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration lente et régulière. Noaïeva caressait tendrement son visage barré par un léger sourire. Il entortilla son doigt dans ses cheveux.
- T'aimé-je vraiment ? se répétait le garçon. Il finit par tomber à son tour de sommeil sur le lit même de son amie. Il ne la quitta pas plus de corps que d'esprit et bien vite, le même sourire que celui de la jeune fille illumina son visage.

Quand il ouvrit les yeux, le soleil brillait déjà avec intensité sur le beau paysage viltaniolien mais Alienava dormait toujours. Il rougit à la vue de leurs corps si proches, son bras par-delà sa tête, sa tête à quelques centimètres seulement de son ventre. Il se doucha et farfouilla à la recherche d'un livre. Ils étaient tous écrits en viltaniolien et après un long moment de désarroi, Noaïeva pensa à s'activer un sort de traduction. « Delcéna », songea-t-il et d'un coup, les pages noircies de mots incompréhensibles prirent tout leur sens. Alienava ne tarda pas à s'éveiller à son tour, se leva prestement et sourit tendrement à la vue de son invité allongé dans les airs, plongé dans sa lecture. Elle s'éleva à son tour dans les airs et sans un bruit, vint entourer de ses bras les épaules du jeune homme. Un baiser claqua sur sa joue mais une soudaine rancune le priva du plaisir de cette petite marque d'affection. Il lui délia les bras.
- Quand on a déjà quelqu'un, on s'abstient de ce genre de choses, déclara-t-il d'une voix blanche, sans même se retourner.
- Noaïeva ? Pourquoi ?
- Pourquoi mais .... je.. tu..., bégaya-t-il.
Il se tourna enfin vers elle, plongea son regard dans le sien : elle ne se moquait pas de lui, une réelle incompréhension y brillait.
- Tu... tu ne te souviens pas ?
- Mais de quoi ?
- Hier !
- Et bien, hier ? Oh, Noaïeva, la soirée ne t'a pas plu ?
- Mais ce n'est pas ça du tout !
- Mais alors ?
- Dilsiane, tu ne te rappelles pas ?
- Bien sûr que si. Dilsiane est le frère adoptif de ma meilleure amie, je ne risque pas de l'oublier. Il ne te plaît pas ?
- Ecoute, j'en ai assez, s'emporta-t-il, tu ne te rappelles vraiment pas la charmante soirée que vous avez passée ensemble ?, s'enquit-il, cynique en appuyant sur « charmante ».
- Je... je...
Toute couleur avait quitté son joli visage.
- Je... l'ai embrassé ?
- Tu ne te souviens donc vraiment pas ?
Une vague de bonheur le submergea.
- Non, je... Oh, Noaïeva, j'ai tellement honte ! Je te présente à mes amis et je finis à peine consciente !
- Ne t'inquiète pas, mon Aeva, je comprends et j'ai passé une magnifique soirée grâce à toi.
Elle se rasséréna à ces mots et se dirigea vers la cuisine. Elle en ressortit, les bras chargés d'un plateau couvert de croissants, petits pains et autres plats typiques du pays.
- Merci Aly, alors bien dormi ?, s'enquit-il bien plus joyeux.
- Très bien, merci.
Ils mangèrent en silence.
- Tu ne m'aurais pas fait une crise de jalousie tout à l'heure ?, demanda-t-elle sans retenir un grand sourire.
Noaïeva vira au violet. Alors qu'il s'étranglait avec un petit pain recouvert d'une sorte sucre glace à base de fleurs de plaine, lui avait précisé Alienava, un message lui parvint mentalement :
« Hey ! Bien dormi ? Tu pourrais venir me donner un coup de main pour le repas de ce midi ? Pas que la scène que je visualise puisse t'être quelque peu désagréable mais éluder cette question ne te déplairait peut-être pas... rendez-vous dans une demi heure ? Bonjour à Madame ! » Et l'image de Milneo quitta son esprit.
Il bénit le jeune homme et se leva d'un bond.
- je vais m'habiller correctement, Milneo a besoin de moi pour le dîner. Il suppose que près une telle soirée, tu dois être bien plus épuisée que moi, ne put-il s'empêcher d'ajouter.
Et sans lui laisser le temps de répliquer, il fonça dans la salle de bain. Il en ressortit dix minutes plus tard, vêtu de son habituel jean et d'un t-shirt blanc.
- Ce n'est pas que je n'apprécie pas ton style vestimentaire et j'admire même tes progrès magiques mais tu risques d'attirer un tantinet trop l'attention sur toi, pareillement vêtu.
- Jalouse ?, se moqua-t-il.
- Ah oui..., commença-t-elle mais il la coupa, en se maudissant de sa stupidité de lui rappeler tel sujet.
- Euh... qu'est ce qu'ils ont mes vêtements ? Il se détailla de haut en bas à la recherche de ce qui clochait mais surtout pour éviter le regard de la jeune viltaniolienne.
- Nous sommes en Viltaniola, Noaïeva. Et elle claqua des doigts.
Un pantalon de lin kaki serré aux genoux par des semblants de hauts de chausse et surmonté d'une large tunique blanche ouverte sur son torse remplacèrent ses vêtements. Il constata que ses goûts vestimentaires en lui étaient pas étrangers et sourit à l'idée qu'elle puisse l'observer jusqu'à les connaître.
- Denstaliunä, la remercia-t-il. Au fait, tu as le bonjour de Milneo. Tu nous rejoins là-bas ou... ?
Sa soudaine nouvelle assurance le quitta comme elle était venue.
- Ou ?, répéta-t-elle, non sans constater son trouble.
- Ou euh...
- On se retrouve quelque part tous les deux ?, demanda-t-elle, charmante.
- Je ne voudrais pas être la cause d'une dispute entre Dilsiane et toi, ne se retint-il pas de répliquer.
- Il t'obsède à ce point ? Cela ne t'arrive jamais une petite erreur à la suite d'une soirée bien arrosée ?
« J'aurais préféré qu'elle t'arrive avec moi cette petite erreur... » songea-t-il. Il rougit à cette pensée, bredouilla un bref « à tout à l'heure » et quitta la pièce. Il parvint rapidement chez Milneo, effectivement assez débordé entre sa petite soeur encore à peine vêtue, les assiettes volant au gré du vent et les plats se mélangeant confusément dans les airs. Ses cheveux n'étaient même pas secs et une simple serviette enserrait ses reins, encore humides.
- Ah, tu tombes bien !, s'exclama celui-ci.
- On ne saurait pas le rater ! Tu ne sembles pas avoir l'habitude de recevoir, railla Noaïeva. Il s'approcha d'Eviana et entreprit de la vêtir.
- On évite le reste du temps, admit le jeune homme. Mais aujourd'hui j'étais le seul à ne pas avoir cours et c'est moi qui habite le plus près du parc.
- Quel parc ?
- Tu verras bien, regarde ce que tu fais ! tu lui passes la tête dans les manches du pull. !
Il abandonna le plat dans les mains de Noaïeva et lui arracha sa soeur. Il l'habilla avec plus d'allure et au bout de quarante minutes sans répit, ils furent prêts. La table était dressée sur la terrasse établie au coin de la façade, les petits fours et autres plats avaient été mis au chaud avant l'arrivée des invités. Eviana était même correctement vêtue et coiffée .Ils firent apparaître deux fauteuils et s'y laissèrent tomber.

# Posté le samedi 07 octobre 2006 09:47

Modifié le mardi 19 décembre 2006 12:00

Iliaféen 12

Iliaféen 12
Leur repos fut de courte durée : déjà Sélifià, Silyana et Dìlsiane les rejoignirent, bien vite suivis par tous les autres. Noaïevã avait oublié sa discussion du matin avec Alienãvã et sourit quand elle rentra. Elle avait troqué ses vêtements froissés de la veille pour une jupe trois-quarts mauve et une tunique blanche serrée à la taille par-dessus. Milneõ se leva pour l'accueillir et sa soeur en profita pour s'asseoir sur les genoux de Noaïevã.
- C'est ton amoureuse, elle ?, demanda la petite fille en pointant du doigt Alienãvã.
Le jeune homme rougit et Xaresto, assis à côté de lui, éclata de rire.
- On ne peut rien cacher à une enfant, surtout quand elle a d'aussi jolis yeux ! Pas vrai, mistinguette ?, dit-il tandis qu'elle lui sautait dans les bras.
Alienãvã vint prendre place dans le siège abandonné par Milneõ, juste à côté de Noaïevã. Celui-ci ne parvint plus à calmer les palpitations de son coeur et finit par manquer d'air. Il vira au violet et leur hôte s'en aperçut. Sans retenir un sourire, il invita les jeunes gens à se servir avant que leur invité ne s'étouffe. Le repas se déroula paisiblement à la chaleur de cette après-midi ensoleillée. Vilnyae se leva alors, imité par tous ses amis et il les entraîna à sa suite à travers les dédales d'escaliers vertigineux. Ils parvinrent bientôt au sommet d'un des hauts bâtiments. Sur ce toit avait été installé un grand parc entouré d'arbres et d'arbustes. Cinq longues allées fleuries se rejoignaient en étoile au centre du parc où trônait une magnifique et gigantesque fontaine. A l'entrée se tenait un homme d'un certain âge aux yeux rieurs. Vilnyae le salua.
- Je vous laisse le parc libre, je présume ?, répondit le vieil homme.
Vilnyae se contenta d'un clin d'oeil en guise de réponse et franchit l'enceinte boisée du parc. Emerveillé, Noaïevã ne savait plus où poser le regard. Alienãvã, étrangement tendue, l'arracha à sa contemplation et le traîna à leur suite. Nilyundinã se chargea de matérialiser un coussin pour chacun et tous s'assirent, toujours sans un mot. La tension devint quasi palpable. Seule Silyana resta debout et partagea un regard complice et rassurant avec Alienãvã avant de disparaître. Dìlsiane s'évapora à son tour. Noaïevã interrogea Alienãvã du regard mais elle ne daigna pas lui répondre. Vilnyae se releva, voletant en position tailleur. Apparemment très concentré, ses yeux scintillaient de lueurs dorées, ses ailes assorties s'agitaient dans son dos. Xaresto, aux yeux et ailes oranges, s'éleva aussi dans les airs. Noaïevã commençait à sérieusement s'ennuyer de cette petite mascarade quand les deux garçons claquèrent simultanément la langue, le clouant au sol. Il redressa avec difficulté son visage, et chercha désespérément une source d'air. Ses poumons se vidaient inexorablement, malgré tous ses efforts. Il voulut demander de l'aide mais seul un gémissement réussit à passer le seuil de ses lèvres. La voix grave de Milneõ emplit l'air.
- Lesdalé Ischianote dés yos istrá pérminarà ílvéné Viltaniolã. Lesdalé dusté istra filsióstelé. Vilocéné esde. As filsióstelé istrá ílvéné yos. Vulstá as filsióstelé firt Viltaniolãstede.
Bien que prononcées en Viltaniolien, les paroles de Milneõ prirent tout leur sens dans l'esprit pourtant embrumé de Noaïevã. L'angoisse avait cédé sa place à l'étonnement, il observa Milneõ, ses traits tirés, son regard et ses ailes assombries. Sa voix rauque se répercuta :
- Sache, habitant de la Terre, que tu es le premier venu en Viltaniolã. Sache donc être fort. Vaincs-les. La force est en toi, utilise la force des Viltanioliens.
Alienãvã remarqua le mouvement de ses lèvres répétant les mots mystérieux de Milneõ et il lut le soulagement sur son visage. En regardant autour de lui, Noaïevã perçut la tension quasi électrique dans l'atmosphère. Les feuilles tremblaient, les brins d'herbe frétillaient nerveusement au gré d'un vent inexistant. Des roulements de tambour semblaient tonner de l'intérieur du sol.
« La force des Viltanioliens... », se répétait-il inlassablement, à la recherche d'une solution et d'un peu d'air.
La douleur revint brusquement, fulgurante. Tout son corps se courba sous le choc. Son visage se pressa contre le sol et les tambours résonnèrent dans sa tête, roulèrent à l'intérieur tandis que Noaïevã tentait désespérément de retrouver le contrôle. « La force des Viltanioliens... la force des Viltanioliens.... ». Ses doigts tremblaient, son sang battait ses tempes douloureuses. Des éclairs mauves s'agitèrent dans son champ de vision et le déconcentrèrent. « Qu'est-ce que c'est que ces machins mauves ? », ronchonna-t-il pour lui-même. Il se sentit virer au violet, étouffer. Ses ailes se convulsaient dans son dos. « Istrá circyané Noaïevã ! », se chuchota-t-il. Mais rien n'y faisait, les éclairs mauves continuaient de dévier son attention. Une nouvelle onde de douleur lui transperça le corps. « La force... la... »
- Des ailes !, s'exclama-t-il, à bout de souffle. Fa... falaë... Falaënélá Noaïevã, parvint-il à articuler non sans difficulté.
Ses ailes s'ouvrirent violemment dans son dos parcouru de tremblements convulsifs. Une explosion retentit, le sol s'ébranla comme lors d'un séisme, Milneõ et Vilnyae furent propulsés au sol avec Dìlsiane et Silyana. Ils se relevèrent, haletant mais ravis, sous les acclamations des filles. Noaïevã, toujours tassé contre le sol, se délecta de l'air qu'il inspirait, de la douleur qui disparaissait. Milneõ et Xaresto l'aidèrent à tenir sur ses jambes. Pantelant et humide de sueur, il tituba avant d'être rattrapé par Alienãvã, folle de joie. Ses boucles d'oreilles pendaient minablement, dépossédées des bijoux qui les ornaient. Elle suivit son regard intrigué et éclata de rire quand elle effleura ses boucles du bout des doigts. Il observa alors le parc autour de lui : plus une feuille ne couvrait les arbres, les fleurs semblaient avoir été soufflées par une bombe atomique, un cratère se trouvait à la place de Noaïevã, des arbres gisaient au sol.
- Etonné de sa force ?, railla Milneõ.
Le temps reprit son rythme normal dans l'esprit de Noaïevã. Il se tourna vers le jeune homme :
- Qu'est... Qu'est-ce qu'il... qu'il s'est passé ici ?, bégaya-t-il.
Le somptueux parc ressemblait à présent à un champ de bataille jonché de cadavres affreusement mutilés.
- Avoue, Miln', que personne n'a jamais fait pareils dégâts !, s'exclama Dìlsiane à l'adresse de Milneõ.
- Attends, c'est un véritable cimetière, ici ! Comment voudrais-tu faire pire ?, renchérit Dellianã. Mayer Liaché ne ferait pas pire !
- Bon, c'est quoi toute cette histoire ? Qui est ce Mayer Liaché, pour commencer ?, la coupa Noaïevã.
Elle ouvrit la bouche, dans le dessein de lui répondre mais une autre voix la devança :
- Je suis leur professeur d'initiations aux arts viltanioliens, Noaïevã.
Ce dernier sursauta et se tourna sur lui-même, cherchant la source de cette voix.
Un homme grand et mince, à la barbe et aux cheveux blancs, s'avança et le fixa intensément de ses grands yeux vairons, bleu et vert. Assorties à ceux-ci, ses ailes battaient paisiblement dans son dos.
- Siarkãné Noaïevã, dit l'homme à son adresse. Siarkãné Ischianeste, ajouta-t-il au reste du groupe. Allez-vous donc laisser votre ami mourir de soif, Mlle Eliané ?
- Oh, excuse-moi, Noaïevã, s'exclama alors Alienãvã.
Elle saisit son poignet et disparut après avoir fixé rendez-vous chez elle au reste de ses amis.

# Posté le dimanche 08 octobre 2006 13:05

Modifié le mardi 28 novembre 2006 12:42

Iliaféen 13

Iliaféen 13
Ils se rejoignirent rapidement chez Alienãvã. Chacun se matérialisa un fauteuil et s'y laissa tomber. Alienãvã s'occupa d'asseoir Noaïevã et servit à boire à tous ses invités. Mayer Liaché apparut à son tour et prit place auprès d'eux. Il rompit le silence :
- Je me suis permis d'avertir le gardien de votre départ, Vilnyae, déclara-t-il.
Son regard pénétrant obliqua vers Noaïevã :
- Et de réparer votre grabuge, Noaïevã.
Il éclata de rire, en choeur avec ses élèves.
- Et pour répondre à votre très pertinente remarque, Dellianà, personne n'a effectivement jamais causé pareils dégâts, bien heureusement, d'ailleurs. Je ne donnerais pas ce cours avec autant de plaisir si je savais que je risquais ma vie à chaque examen.
- Excusez-moi, euh... Mayer, mais je ne comprends pas très bien à quoi vous voulez en venir, intervint alors Noaïevã.
- Vilnyae a eu l'idée de vous initier au moyen de leur examen annuel, commença le professeur.
- Mayer, ne lui dîtes pas, je crains un peu sa réaction maintenant que je connais sa force, ironisa l'intéressé.
- Vous assumerez vos actes, Vilnyae. Cet exercice permet d'évaluer la force et les progrès de chacun et de l'orienter dans la suite de ses études. Je crois savoir que Milneõ vous a déjà touché quelques mots à ce sujet.
Noaïeva hocha la tête.
- Mais bien que chaque année aborde un sujet spécifique, certains thèmes sont repris chaque année. Comme mon cours par exemple.
Comme le luit avait expliqué brièvement Milneõ, l'espérance de vie ne dépassait pas les septante ans. La vie, en apparence facilitée par la magie et dépourvue de pauvreté, était grandement menacée par l'écologie instable du pays et les rudesses des nombreuses guerres avec les pays limitrophes. Viltaniolã est encerclée par sept pays. Les deux premiers existaient déjà à la création de Viltaniolã. Leurs peuples étaient de deux races assez proches l'une de l'autre de Sarkïny. Les Sarkïny sont de grands chiens-loups qui se tiennent sur leurs pattes arrières. Assez effrayants d'aspect, ils ne sont pourtant pas le moins du monde belliqueux mais ne souffrent pas le moindre dérangement. Les cinq autres pays sont nés du morcellement de l'Estas Karsilvané. Cet état s'était séparé neuf ans auparavant suite aux nombreux désaccords entre les différents clans. D'où les cent quarante-quatre états qui poursuivirent malgré tout leurs guerres incessantes. Les Karsilvané étaient en effet réputés pour leur incroyable stupidité et leur goût prononcé des batailles. Ils ressemblent à de petites fleurs rouges sur pattes et gagnent par cet aspect fragile un important avantage sur leurs adversaires. Viltaniolã en avait énormément souffert aux débuts des guerres auxquelles le pays fut inévitablement mêlées. Les Karsilvané jouissaient également d'un avancement martial aussi sûr que l'avancement technologique et savant de Viltaniolã. Les enfants des Karsilvané avaient pour première instruction l'art des armes alors que la maîtrise des arts d'attaque et de défense n'étaient enseignée que facultativement aux dernières années assignées à la défense jugée longtemps inutile du pays. Les querelles des Karsilvané débordèrent également chez les Sarkïny qui se jetèrent aveuglement dans la bataille. Fous de rage, ils n'épargnèrent pas plus les Viltanioliens que les Karsilvané. C'est pour ces raisons que de nombreux savants s'appliquèrent à l'élaboration d'un système défensif qui rendait impossible la traversée des nombreux fleuves et lacs du pays aux peuples ennemis. Malheureusement, les techniques guerrières de leurs adversaires se développaient rapidement et pour éviter de nouvelles intrusions, on dut bien vite créer des postes fixes à l'étude de la défense. Le gouvernement n'a pas encore jugé utile de mettre sur pied une caserne de formation militaire mais l'échéance de cette extrémité ne serait plus tarder, nota amèrement Mayer Liaché. Le peuple viltaniolien était une nation avide de savoirs. Ils adoraient leur pays, aménagé au mieux par leurs soins. Mais ils n'étaient avides ni de nouveaux territoires ni de pouvoir absolu et suprême tel que le rêvaient les Karsilvané. Les savants chargés de la défense étudiaient attentivement ce que l'on nommait les Dilsaténõ Purägné. C'est-à-dire les capacités propres aux Viltanioliens : vol, dons magiques en tous genres. C'est ces Dilsaténõ Purägné que Mayer Liaché était chargé d'enseigner.
- Sache que ces talents ne sont pas uniformément répandus dans la société. Mais, bien loin de causer des discriminations, chaque niveau de pouvoir assigne à une profession, à son emploi le plus adapté. D'où l'usage de cet examen. Ils sont rarement aussi éprouvants que le tien. Le premier est méticuleusement élaboré, ce qui est la seule chose que je reprocherais à ces jeunes gens. Un seul professeur l'inflige, et en cela, Vilnyae visait juste : à eux deux, Xaresto possédaient la puissance suffisante. Mais la surprise de tes capacités et l'ajout imprévu de Dìlsiane et Silyana a quelque peu trop oppressé ton esprit. Je suis néanmoins épaté par la rapidité et la force dont tu as fait preuve.
Alienãvã ne put dissimuler un sourire radieux : étonner son professeur était loin d'être un fait courant et que Noaïevã, au premier essai, soit même félicité, l'emplit de fierté.
- Je ne comprends pas, répondit Noaïevã, après un instant de réflexion.
Il ignorait tout des caractéristiques principales de cet examen et de l'inflexibilité rare de leur professeur, il ne ressentait donc pas la fierté qui submergeait son hôte.
« Il ne sait pas, lui, il ne sait pas quelle force est la sienne... Il ne s'est pas vu, ne comprend pas l'intensité de ce massacre qu'il a causé », songea-t-elle.
- Comment, en étant Ischianote, puis-je posséder des pouvoirs similaires aux vôtres ?
- J'ai longtemps étudié cette question avec Alienãvã. Nous savions que ses pouvoirs étaient grandement affaiblis dans ton monde mais elle en gardait tout de même la capacité. Nous nous sommes posés la même question que toi mais nous ne savions pas alors qu'il était seulement possible à un Ischianote de venir en Viltaniolã. Quand j'ai appris ton arrivée ici, je me suis replongé dans ces réflexions. Je m'étais d'abord étonné que tu n'aies pas directement pris notre apparence. Et puis, je n'aurais donc jamais imaginé que ces changements puissent aussi arriver. Mais lorsque Cléniliã est venue ce matin à mon cours et m'a décrit vos exploits racontés par Alienãvã, j'en restai muet d'ébahissement. La maîtrise correcte du vol est l'un des points les plus ardus de l'éducation viltaniolienne. Quant à la création d'objets que tu as, dès le premier essai, réussi sans la moindre erreur, cela tenait dans mon esprit tout simplement du prodige. Ne parlons même pas de ta gravure. Modifier un objet est un art très complexe de la magie. Et, bien évidemment, le résultat de ton examen est tout bonnement époustouflant. Comme nous en parlions justement la semaine dernière, cet examen a été inventé il y a 143 ans par Mayer Listialénéã, éminent professeur de la maîtrise personnelle des pouvoirs. Les orientations étaient à l'époque fort mal gérées et il voulait répartir les élèves en trois groupes. Il n'y a désormais plus de classement. Chaque orientation est décidée à la suite d'un conseil entre élève et professeurs. Ces derniers dévoilent leurs attentes et selon le résultat obtenu, l'élève fait son choix. Mayer Listialénéã est le premier à avoir fait passer ce test. Son élève était Silniã Vignélãä, devenue la gouvernante enseignante quatre ans plus tard. Après de longues explications...
Le cours, quoique passionnant, de Mayer Liaché ne retint pas Noaïevã. Il sombra dans le sommeil et glissa le long du fauteuil. Ils le remarquèrent lorsque sa tête s'affaissa sur les jambes drAlienãvã, assise sur son accoudoir. Ils prirent donc tous congé et se donnèrent rendez-vous le lendemain. Et Noaïevã put profiter d'un sommeil amplement mérité.

# Posté le mercredi 11 octobre 2006 12:09

Modifié le mardi 28 novembre 2006 12:26

Annexe vocabulaire 2

Noaïevã
Nom viltaniolien de Noa signifiant habitant des étoiles.

Ovistër
Terme viltaniolien signifiant oncle.

Ovisyä
Terme viltaniolien signifiant cousine.

Lichfiã
Terme viltaniolien signifiant papa.

Ifiã
Terme viltaniolien signifiant maman.

Ischianote
Terme viltaniolien désignant les habitants de la Terre.

Vilternã
Terme viltaniolien désignant la première année d'études générales en Viltaniolã, commencées à treize ans. Cette année correspond à l'étude des formules élémentaires et des principes des lois naturelles et humaines de la magie.

Nilfãné
Terme viltaniolien désignant la deuxième année d'études générales en Viltaniolã, suite du programme de la première année.

Kilsney
Terme viltaniolien désignant la troisième année d'études générales en Viltaniolã. Cette année correspond à l'étude de l'histoire de Viltaniolã.

Ìlvéné
Terme viltaniolien signifiant dans, parmi (marque situation).

Firt
Terme viltaniolien signifiant de, à, qui appartient à (marque possession).

Lesdale
Terme viltaniolien signifiant savoir.

Dés
Terme viltaniolien signifiant que (introduit P2 relative).

Yos
Terme viltaniolien signifiant toi, tu (forme sujet).

Istra
Terme viltaniolien signifiant être.

Dusté
Terme viltaniolien signifiant donc.

(as) Filsióstélé
Terme viltaniolien signifiant (la) force.

Vilocéne
Terme viltaniolien signifiant vaincre.

Vulsta
Terme viltaniolien signifiant utiliser.

Vitaniolãste(de)
Terme viltaniolien signifiant le(s) Viltaniolien(s).

Circyané
Terme viltaniolien signifiant concentré.

Siarkãné
Terme viltaniolien signifiant bonjour.

Ischiane(ste)
Terme viltaniolien signifiant élève(s).

Karsilvané
Terme viltaniolien désignant l'une des races limitrophes à Viltaniolã reconnaissable à leur caractère versatile et belliqueux.

Estas Karsilvané
Terme viltaniolien désignant l'Union des karsilvané, morcellée neuf ans avant l'arrivée de Noaïevã en Viltaniolã.

Sarkïny
Terme viltaniolien désignant l'une des races limitrophes à Viltaniolã.

Dilsaténõ Purägné
Terme viltaniolien désignant les arts spécifiques du pays.

# Posté le mercredi 11 octobre 2006 12:32

Modifié le mercredi 18 octobre 2006 12:15