Quand Noa ouvrit les yeux, il se trouvait seul sous la chaude couverture emplie de l'envoûtante odeur de son amie. Il ne put s'empêcher d'y plonger son visage pour s'en imprégner. Il se leva, se lava sommairement dans un petit étang non loin de là et se rhabilla. Il était encore en caleçon quand Alienava le rejoignit. Elle avançait avec grâce, survolant l'herbe fraîche et scintillante de rosée. Les pans de sa robe, transparente sous l'éclat du soleil, voletaient autour de son corps.
- Bien dormi ?
- Super et toi ?
- Toujours chez soi.
- Surtout quand le chez soi en question est si beau.
- Denstaliunä, lui répondit-elle en souriant.
Noa lui rendit son sourire :
- Tu vas me filer un dico Viltaniolien- Français, ça t'évitera de jouer les interprètes !
Elle rit et lui expliqua :
- Denstaliunä signifie merci. Il doit exister des dicos si tu y tiens vraiment. On va vérifier chez mon oncle ou on continue à batifoler tout le reste de la journée ?
- Proposition 2 ? , avança-t-il timidement.
- C'était pas vraiment une question, rétorqua-t-elle en souriant.
Et sur ces mots, elle décolla.
Noa la regarda et attendit.
Enfin, elle se retourna et s'envoya une claque sur le front en redescendant.
- Il est bien joli ton pays sans parler de tes petites ailes mais je n'ai pas bénéficié de la même promo à l'arrivée, moi ! , se moqua-t-il.
- Calnaray, répondit-elle en souriant.
- Désolée, je présume ?
- Woaw, Noa ! Tu deviens doué !
- Comment ça « deviens » ? Mais je l'ai toujours été ! , se vanta ce dernier.
- La prétention ne te va pas, Noa. Je te trouve bien plus attirant humble.
La flèche atteignit sa cible :
- Attirant ? , répéta-t-il en reprenant son sérieux.
Elle opina en lui saisissant la main. Et sans lui laisser le temps de répondre, elle décolla à toute vitesse. Il ne put retenir un cri de stupeur mais le bruit du vent l'empêcha de se moquer de lui. Bien vite, ils distinguèrent les contours d'une ville. Les habitations n'avaient pas leurs pareilles chez Noa : on aurait dit d'énormes blocs de verres flottant à environ 3 mètres du sol. Elles étaient réparties en de multiples tourelles raccordées entre elles par de vertigineux escaliers semblables à des fils d'araignée volant entre ces cylindres scintillants de toutes les couleurs. Alienava atterrit au sommet de l'un de ces étranges bâtiments. Il fallut quelques temps à Noa pour recouvrer son équilibre, appuyé au bras de son amie. Quand il parvint à ouvrir les yeux sans que ne lui prenne l'envie de vomir, il constata son changement de tenue. Plus raffinée, elle portait une longue jupe blanche parsemée de mauve et un corset mauve pâle percé dans le dos pour laisser libre place à ses ailes. Un collier de pierres précieuses blanches ornait son cou, assorti à la barrette dans ses cheveux.
- Mon oncle nous attend. Compte tenu de ton adoration pour les vols, nous descendrons à pied.
Noa la suivit sans répondre, trop fasciné pour trouver ses mots.
- Où vit ton oncle ? , finit-il par articuler.
- 4 étages plus bas.
- Pourquoi avoir construit des tours en hauteur ?
- Tu t'habitues vite à l'exceptionnel, Noa ! Ne commencerais-tu pas par « comment » ? Enfin, pourquoi ? Pour éviter les inondations. Viltaniola est un pays extrêmement humide. Il n'y pleut jamais mais le sol regorge d'eau. On compte environ 20 000 Helsäf - excuse-moi, lacs - et une soixantaine de maenikä - euh mer - et un nombre incalculable de fleuves et de rivières. Lorsque Diasiuny, la déesse de la Terre, se met en colère, le sol tremble et l'eau déborde. C'est pour prévenir à ce genre d'accidents que nos Karsnio - des magiciens - ont mis au point ce système de ville flottante. Ils ont donc jeté un sort d'élévation sur l'ensemble des bâtiments qu'ils réactivent mensuellement. L'effet mur de verre n'est qu'illusoire. On ne peut voir à l'intérieur des maisons. Sur les murs ont été peintes des illustrations de l'histoire viltaniolienne.
Noa resta pantois. Dans quel monde fabuleux était-il tombé ? Il se retourna vers la belle viltaniolienne qui le détaillait, amusée.
- Alors, qu'en penses-tu ?
- C'est... c'est...
D'un coup, les mots d'Alienava lui revinrent à l'esprit : « je te trouve bien plus attirant... »
- ... équivalent à votre beauté, professeur, répondit-il, un sourire charmeur suspendu aux lèvres. Enfin, presque, ajouta-t-il encore.
Elle sourit en rougissant discrètement.
- Allez mister, on accélère !
Ils descendirent les 4 étages, riant et s'émerveillant de la magnificence de la ville.
- Qui est ton oncle, Alienava ?
- Mayer El'Sakarn.
- Mayer, c'est son prénom ?
- Non, pas vraiment, se moqua la jeune fille. Mayer signifie maître.
- Ah... et maître en quoi ?
- Dans son cas, c'est plutôt complexe : Il a étudié de nombreux phénomènes démographiques et s'emploie à répondre aux questions de la population.
- Effectivement, c'est complexe.
Noa se tut, apparemment plongé dans une profonde réflexion :
- Y a-t-il seulement une chose qui ne soit pas complexe chez toi ?, reprit-il.
- Euh... , répondit Alienava.
- Laisse-moi réfléchir : On construit des maisons à 3 mètres de haut, on apprend à lire à 3 ans, chaque habitant se sent l'obligation de se chercher la profession la plus complexe possible et pour ne rien arranger, les architectes prennent un malin plaisir à construire des rues impraticables ! Au moins, on peut être certain de ton appartenance à ce monde !, acheva-t-il sous les éclats de rire de son amie.
- Mais il y a autre chose qui ne laisse aucun doute pour ta nationalité... , reprit-il.
Son air taquin s'envola pour un sourire tendre :
- Tout n'est que beauté ici...
- Bien dormi ?
- Super et toi ?
- Toujours chez soi.
- Surtout quand le chez soi en question est si beau.
- Denstaliunä, lui répondit-elle en souriant.
Noa lui rendit son sourire :
- Tu vas me filer un dico Viltaniolien- Français, ça t'évitera de jouer les interprètes !
Elle rit et lui expliqua :
- Denstaliunä signifie merci. Il doit exister des dicos si tu y tiens vraiment. On va vérifier chez mon oncle ou on continue à batifoler tout le reste de la journée ?
- Proposition 2 ? , avança-t-il timidement.
- C'était pas vraiment une question, rétorqua-t-elle en souriant.
Et sur ces mots, elle décolla.
Noa la regarda et attendit.
Enfin, elle se retourna et s'envoya une claque sur le front en redescendant.
- Il est bien joli ton pays sans parler de tes petites ailes mais je n'ai pas bénéficié de la même promo à l'arrivée, moi ! , se moqua-t-il.
- Calnaray, répondit-elle en souriant.
- Désolée, je présume ?
- Woaw, Noa ! Tu deviens doué !
- Comment ça « deviens » ? Mais je l'ai toujours été ! , se vanta ce dernier.
- La prétention ne te va pas, Noa. Je te trouve bien plus attirant humble.
La flèche atteignit sa cible :
- Attirant ? , répéta-t-il en reprenant son sérieux.
Elle opina en lui saisissant la main. Et sans lui laisser le temps de répondre, elle décolla à toute vitesse. Il ne put retenir un cri de stupeur mais le bruit du vent l'empêcha de se moquer de lui. Bien vite, ils distinguèrent les contours d'une ville. Les habitations n'avaient pas leurs pareilles chez Noa : on aurait dit d'énormes blocs de verres flottant à environ 3 mètres du sol. Elles étaient réparties en de multiples tourelles raccordées entre elles par de vertigineux escaliers semblables à des fils d'araignée volant entre ces cylindres scintillants de toutes les couleurs. Alienava atterrit au sommet de l'un de ces étranges bâtiments. Il fallut quelques temps à Noa pour recouvrer son équilibre, appuyé au bras de son amie. Quand il parvint à ouvrir les yeux sans que ne lui prenne l'envie de vomir, il constata son changement de tenue. Plus raffinée, elle portait une longue jupe blanche parsemée de mauve et un corset mauve pâle percé dans le dos pour laisser libre place à ses ailes. Un collier de pierres précieuses blanches ornait son cou, assorti à la barrette dans ses cheveux.
- Mon oncle nous attend. Compte tenu de ton adoration pour les vols, nous descendrons à pied.
Noa la suivit sans répondre, trop fasciné pour trouver ses mots.
- Où vit ton oncle ? , finit-il par articuler.
- 4 étages plus bas.
- Pourquoi avoir construit des tours en hauteur ?
- Tu t'habitues vite à l'exceptionnel, Noa ! Ne commencerais-tu pas par « comment » ? Enfin, pourquoi ? Pour éviter les inondations. Viltaniola est un pays extrêmement humide. Il n'y pleut jamais mais le sol regorge d'eau. On compte environ 20 000 Helsäf - excuse-moi, lacs - et une soixantaine de maenikä - euh mer - et un nombre incalculable de fleuves et de rivières. Lorsque Diasiuny, la déesse de la Terre, se met en colère, le sol tremble et l'eau déborde. C'est pour prévenir à ce genre d'accidents que nos Karsnio - des magiciens - ont mis au point ce système de ville flottante. Ils ont donc jeté un sort d'élévation sur l'ensemble des bâtiments qu'ils réactivent mensuellement. L'effet mur de verre n'est qu'illusoire. On ne peut voir à l'intérieur des maisons. Sur les murs ont été peintes des illustrations de l'histoire viltaniolienne.
Noa resta pantois. Dans quel monde fabuleux était-il tombé ? Il se retourna vers la belle viltaniolienne qui le détaillait, amusée.
- Alors, qu'en penses-tu ?
- C'est... c'est...
D'un coup, les mots d'Alienava lui revinrent à l'esprit : « je te trouve bien plus attirant... »
- ... équivalent à votre beauté, professeur, répondit-il, un sourire charmeur suspendu aux lèvres. Enfin, presque, ajouta-t-il encore.
Elle sourit en rougissant discrètement.
- Allez mister, on accélère !
Ils descendirent les 4 étages, riant et s'émerveillant de la magnificence de la ville.
- Qui est ton oncle, Alienava ?
- Mayer El'Sakarn.
- Mayer, c'est son prénom ?
- Non, pas vraiment, se moqua la jeune fille. Mayer signifie maître.
- Ah... et maître en quoi ?
- Dans son cas, c'est plutôt complexe : Il a étudié de nombreux phénomènes démographiques et s'emploie à répondre aux questions de la population.
- Effectivement, c'est complexe.
Noa se tut, apparemment plongé dans une profonde réflexion :
- Y a-t-il seulement une chose qui ne soit pas complexe chez toi ?, reprit-il.
- Euh... , répondit Alienava.
- Laisse-moi réfléchir : On construit des maisons à 3 mètres de haut, on apprend à lire à 3 ans, chaque habitant se sent l'obligation de se chercher la profession la plus complexe possible et pour ne rien arranger, les architectes prennent un malin plaisir à construire des rues impraticables ! Au moins, on peut être certain de ton appartenance à ce monde !, acheva-t-il sous les éclats de rire de son amie.
- Mais il y a autre chose qui ne laisse aucun doute pour ta nationalité... , reprit-il.
Son air taquin s'envola pour un sourire tendre :
- Tout n'est que beauté ici...


